Le Roi (2019) VOSTFR

Le Roi (2019) Streaming VOSTFR
Le Roi (2019)Notes7.2
Titre original : The King
2h 20min | Biopic, Drame, Historique | 11 octobre 2019
De : David Michôd
Avec : Timothée Chalamet, Robert Pattinson, Ben Mendelsohn, Joel Edgerton, Lily-Rose Depp
Critiques spectateurs (7)
  • ConFucAmuS

    Ce prétendu "débat" sur le côté historique m'amuse beaucoup. À chaque film d'époque revient cette pseudo-polémique qui se garde bien d'aborder les films sous l'angle artistique. Or, c'est pourtant la seule chose qui importe. À aucun moment, The King n'a prêté allégeance à une réalité historique. Il se saisit d'un évènement notoirement connu - déjà réinterprété par Shakespeare - pour en livrer une autre fiction. Où est le problème là-dedans ?

    Braveheart, Gladiator, Dunkirk ont été attaqués de la même façon avec des arguments tout aussi aberrants. Par contre, arrivés sur le terrain créatif, certains défenseurs du Temple historique (ne généralisons pas) bottent en touche. Quel dommage, parce qu'en fait c'est un peu l'essentiel.

  • Dwarf warrior
    Un bon film a généralement plusieurs niveaux de lecture.

    Oui, mais ça dépend du contenu et des objectifs des niveaux de lecture.

    Donner un 1er degré qui est celui de l'ascencion d'un roi et un 2nd qui parle de notre monde actuel permet au moins de faire un peu réfléchir.

    Pas besoin d'un film mobilisant cela pour réfléchir, et mettre en relation des faits de l'époque avec des faits contemporains, ça fait trop le film "moralisateur".... Après si tu veux mettre en avant une dimension "lutte contre l'individualisme", tu peux toujours faire un film sur une communauté monastique refusant la possession de biens propres, mais si tu fais passer le roi pour un type qui cherche à mieux répartir les richesses du royaume, ça serait totalement ridicule....

    Et les comportements sont humainement plausibles. De plus, le progressisme fait partie de l'histoire humaine, même au moyen-âge il y a eu des évolutions culturelles, donc ce n'est pas si anachronique que ça

    Le "progressisme"...... Le mot qui est un peu trop souvent sorti pour tout et n'importe quoi.... C'est une vision téléologique, comme si tout concordait à la marche inexorable vers le "progrès".... Ca fait très LREM ton analyse ^^. Une évolution culturelle n'est pas à considérer comme un progrès (du point de vue de notre regard), mais en tant que tel : quels facteurs en amont, pourquoi, comment se produit cette évolution. Ca ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir de "progrès" dans le sens d'amélioration comme par exemple le progrès technique de l'époque (agriculture, conservation de l'écrit, organisations territoriales....), mais vouloir absolument chercher du "progrès", ce n'est pas pertinent.

    Les films historiques/sur fond historique doivent rester en dehors des considérations "sociétales" contemporaines. Ca ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de logiques humaines, mais ce type de films n'a pas une vocation moralisante. Il y a d'autres types de films pour ça et qui sont plus pertinents que d'utiliser le registre historique.

  • Dwarf warrior

    J'ai bien dit qu'il y avait des éléments réalistes, mais il y en a d'autres qui ne le sont clairement pas. Que les Français ne soient pas le sujet du film ne change rien. Ce qui est caricatural, c'est la manière de présenter les personnages d'une manière manichéenne : les fourbes d'un côté, les gens avec de l'honneur de l'autre dans le cadre militaire, sans que les catégories soient étanches plus généralement (Charles VI et sa fille, face au conseiller anglais).

    Mais tout le film repose justement sur l'idée que Henri croit se battre en réponse aux français et non par manipulation.

    Mais c'est totalement grotesque également.... Le "lobbyisme" existait aussi à cette époque, et que de gens aient poussé le roi à reprendre les campagnes en France n'est pas quelque chose d'irréaliste. En revanche faire passer le pauvre roi pour une victime de manipulation de la sorte, sans qu'il n'ait de base d'objectif perso en lien avec ses droits, et que du coup, sa rencontre avec le méchant Pattinson, présenté d'une manière outrancière, le pousse à l'affronter de telle manière, c'est grosesque et caricatural oui.

  • Frank Castle

    Si vraiment tu t'identifiais à Pattinson pendant tout le film je suis désolé pour toi.

    Si avoir un personnage qui se trouve "méchant" et français dans un film te dégoûte, ça doit pas être facile pour toi tous les jours.

    J'en ai marre de me répéter car il faut croire qu'il n'y a que des gens qui ont regardé la moitié du film ici, Pattinson est un épouvantail, il fait tomber les anglais dans le panneau, et visiblement vous tous avec. (On en parle de Timothée Challamet qui est français ? Ou Lily-Rose Depp ? (tiens, un personnage français, féminin fort, et nuancé ? marrant que personne ne parle d'elle)

    Comme dit au-dessus et en dessous, la guerre entre les français et les anglais n'est pas le propos du film. Henry se trompe de cible, et le personnage de Pattinson le conforte dans l'idée qu'il doit soumettre les français. Puis il rencontre les autres français, qui sont bien plus réfléchis et nuancés, qui lui expliquent qu'il s'est trompé depuis le début. Le roi symbolise même une figure paternelle plus proche de lui que son propre père. Et que la véritable menace était un anglais, de son royaume, royaume qu'il ne voulait pas, bref lis les autres coms pour tous les détails, mais le véritable propos c'est un jeune homme broyé par les institutions et non "en quoi les anglais sont meilleurs que les français".

    Bon sang faut pas être étudiant en cinéma pour comprendre ça, si ?

  • Abe

    Ah et y'avait pas d'immortels non plus?
    300 c'est une adaptation de comics hein...
    Le problème ici c'est que the king n'en est pas une, mais n'est pas plus fidèle à l'histoire pour autant.

  • Frank Castle

    La bande-annonce m'avait déjà bien hypé et j'en attendais donc pas mal de ce nouveau film historique made in Netflix, après Outlaw King qui avait souffert de quelques problèmes de production, ce qui n'en faisait pas moins un film historique et médiéval de bonne facture.
    Et alors The King ? Excellent. Une photographie magnifique, une réalisation fine et un scénario très bien construit qui évite les écueils des biopics qui ne racontent généralement pas une histoire mais la vie de quelqu'un, perdant ainsi la dynamique d'un récit construit sur un minimum d'attentes.
    Les personnages sont approfondis et nuancés bien plus qu'on ne pourrait le croire au premier abord.
    Et les costumes et décors ainsi que le talent des acteurs nous font entrer pleinement dans l'époque.
    Mais un point commun qui fait la force d'Outlaw King et de The King en comparaison à des films médiévaux plus anciens sont les effets spéciaux. Rares, ils réussissent, à l'exact inverse des bouillies d'effets spéciaux blockbusteresques, à accentuer l'effet de réel autour d'eux. Dans The King on retiendra la scène de décapitation qui s'effectue sans cut au moment où la hache tombe on trouvait déjà des effets similaires dans Outlaw King lorsque des paysans poignardaient un cheval. Des scènes très impressionnantes visuellement tout en gardant des effets relativement sobres.
    Bref, tout ça pour dire, regardez The King.

  • Naughty Dog

    Un très bon film !

    David Michod revient aux affaires sérieuses avec "The King", une fresque médiévale située au XVe siècle nous montrant l'ascension du jeu Henry V au trône d'Angleterre au même moment que les tensions avec le royaume de France culminent en un conflit sanglant.

    Michod a toujours été un cinéaste montrant les frictions au sein d'une famille, de groupes d'individus, et ici il applique le même traitement dans une histoire de trahisons, d'acceptation de responsabilité, de confrontation à un autre souverain et du fardeau de la couronne.
    Le tout peut s'avérer finalement classique dans son déroulé, mais le tout est suffisamment incarné et réalisé avec soin que le tout embarque le spectateur dans une reconstitution historique exemplaire de 2h20.

    Que ce soient les décors, les costumes ou même les quelques effets spéciaux supervisés par Andrew Jackson (Mad Max Fury Road, Dunkirk, Tenet), le film transpire une authenticité et une certaine élégance pleine de sobriété nous immergeant littéralement au Moyen-Âge.

    La photographie d'Adam Arkapaw (Macbeth, The Light Between Océans) est âpre, précise, et laisse transparaître les nuances de gris des personnages.

    En parlant d'eux, Timothée Chalamet est encore une fois touché par la grâce via une interprétation tout simplement royale, portant le film à lui tout seul dans un rôle pas facile à appréhender, celui d'un jeune Roi devant faire preuve d'assurance et de leadership, où le poids du titre écrase jusqu'au sang toute forme de miséricorde (la fin du film, nihiliste, est parfaite).

    Le reste du casting n'est pas en reste : Sean Harris et Joel Edgerton sont impeccables, Ben Mendelsohn et Lily-Rose Depp très bons, et la palme à un Robert Pattinson (que l'on voit très peu) livrant une performance haute en couleur d'un jeune prince français imbu de sa personne.

    David Michod est autant à l'aise dans des scènes de dialogue (certes très fixes) que lors de batailles ou scènes plus musclées : ces dernières là encore très brutes, montrant chaque coup d'épée comme un geste sans humanité et vain en comparaison des forces plus grandes en jeu(à noter un plan-séquence d'excellente facture en dernière partie de film, passage obligé de tout film de ce genre).
    Et que dire de l'OST magnifique de Nicholas Britell (Moonlight, If Beale Street Could Talk, Vice), pleine de majesté et de mélancolie (les rares notes d'émotion viennent surtout de là plutôt que du récit en lui-même).

    En résulte une très bonne fresque médiévale qu'on suit avec un vrai plaisir de cinéma, sans esbroufe, sans stylisation, tout en maîtrise, noblesse et pureté.

    4/5